Consultation pré-anesthésique pour interventions itératives

 

L’anesthésiste peut-il se contenter d’une seule consultation pré-anesthésique en cas d’interventions itératives et rapprochées sur un patient ?

Oui, mais il s’agit d’une tolérance strictement encadrée par la SFAR.

Les articles D. 6124-91 et D. 6124-92 du code de la santé publique prévoient simplement que la consultation pré-anesthésique (CPA) est obligatoire plusieurs jours avant l’intervention programmée.

C’est la SFAR (Société Française d'Anesthésie et de Réanimation) qui, à l’occasion d’une information diffusée sur son site internet en 2001, a envisagé le recours à une CPA unique pour des interventions itératives et rapprochées. Les interventions de la cataracte et du canal carpien sont notamment concernées dans la mesure où il s’agit d’interventions identiques pratiquées d’un côté puis de l’autre à une quinzaine de jours d’intervalle.

A cette occasion, la SFAR a rappelé le triple objectif de la CPA :
- évaluation du risque ;
- information du patient ;
- communication avec les autres professionnels impliqués dans la prise en charge.

Au regard de ce triple impératif, certaines conditions s’imposent :
- il doit s’agir d’interventions de faible retentissement physiopathologique ;
- un délai maxi d’un mois entre les interventions doit être respecté (délai purement indicatif variable en fonction de l’importance de l’intervention prévue, l’état du patient et la stabilité de cet état) ;
- l’équipe d’anesthésie dans son ensemble doit donner son accord ;
- la décision de CPA unique doit faire l’objet d’une traçabilité dans le dossier anesthésique ;
- le consentement éclairé du patient doit être recueilli pour l’ensemble des anesthésies ;
- le patient doit être informé sur la nécessité, pour sa sécurité, de signaler tout changement dans son état de santé et /ou son traitement et sur la possibilité de reporter ou d’annuler l’intervention en cas d’apparition d’un élément nouveau impactant le protocole d’anesthésie.

La SFAR insiste également sur la nécessité de redoubler de vigilance lors de la visite pré-anesthésique réalisée « dans les heures précédant » l’intervention, laquelle doit être réalisée en respectant un délai suffisant avant l’induction pour permettre une mise au point avec le patient sur son état de santé et son traitement, ainsi qu’une vérification du respect des consignes pré-opératoires. Cette visite doit permettre de vérifier qu’aucune modification pathologique ou thérapeutique pouvant impacter l’anesthésie n’est apparue depuis la CPA initiale.

Précisons bien sûr que la pratique d’une CPA unique est exclue si les interventions impliquent des conduites anesthésiques différentes.

12/02/10