La chute : un risque pour les résidents comme pour les professionnels

Depuis plusieurs années, le risque de chutes a été déterminé comme critique dans les établissements médico-sociaux tout autant pour le personnel que pour les résidents. Quelles sont les nouvelles avancées en ce domaine ?

Chiffres-clés :

Dans les établissements médico-sociaux, le taux de chute des résidents(1) se définit comme tel :
- Taux annuel de chutes pour les personnes de plus de 65 ans : 33%
- Taux annuel de chutes pour les personnes de plus de 85 ans : 50%
- Facteur de récidive après une première chute : x 20

Pour le personnel, 25 % des arrêts de travail sont dus à des chutes(2).

Moyens mis en œuvre contre les chutes des résidents :

Le phénomène de chutes est pris en considération par les établissements qui mettent en œuvre d’importants moyens pour tenter de lutter contre ce risque synonyme pour les personnes âgées d’une diminution d’autonomie. En effet, si une minorité des accidents engendre des conséquences physiques notables (fractures, entorses,…), des retombées plus psychologiques telles que perte de confiance en soi et régression psychomotrice sont quasi systématiques.

Parmi les différents moyens de prévention observés sur site et détaillés dans l’article Prévention des chutes , de nouvelles actions ont été menées dans certains établissements.

Non seulement, le GCS HELPAM de Villeneuve-de-Berg met en place les mesures classiques mais il investit également des moyens plus novateurs :
1. Il intervient aux domiciles des personnes âgées via le SSIAD en conseillant et aidant celles-ci à aménager au mieux leur logement.
2. Selon les professionnels chargés de la problématique dans cette structure, l’écoute et l’éducation des résidents sont indispensables. Par conséquent, des formations sont dispensées au personnel pour, d’une part, les aider à redonner confiance à la personne âgée, d’autre part, pour apprendre aux patients à adopter un comportement de sécurité et à participer aux ateliers d’Equilibre et de Motricité leur garantissant la prolongation de leur autonomie.
3.A l’EHPAD Claude Dejean de Villeneuve-de-Berg, l’expérimentation de la prescription systématique de la vitamine D2 sous forme d’une ampoule de 200 000 unités tous les 6 mois chez les résidents présente de très bons résultats :

- Moins 50% de chutes en 1 an,
- Stabilité du nombre de chuteurs,
- Légère baisse de chuteurs récidivants,
- Moins 50% de chutes graves.

Le GCS Helpam a reçu le Prix Sham 2012 de la Prévention des risques pour ces actions lors de l’Assemblée Générale Sham qui s'est tenue à Lyon le 14 juin dernier. Voir la vidéo du projet

Moyens mis en œuvre contre les chutes des professionnels :

Suite aux déclarations d’accident du travail et aux conclusions tirées des documents uniques, le second risque le plus récurrent dans les établissements médico-sociaux, après les lombalgies et de manière plus générale les troubles musculo squelettiques, est la chute.

Pour pallier ce danger, différentes actions peuvent être mises en œuvre :
- des équipements de protection individuelle type chaussures antidérapantes,
- du matériel adapté type escabeau,
- une signalétique spécifique comme les chevalets ‘Sols glissants’ et un marquage rétro réfléchissant sur les marches ou imperfections du plancher.

Une sensibilisation à l’usage de ces différents moyens s’avère indispensable pour assurer leur utilisation.

L’extérieur des bâtiments est également à prendre en compte surtout si l’établissement est de type pavillonnaire engendrant une possible déambulation du personnel d’un bâtiment à l’autre pendant la nuit. L’usage de lampes torches est alors souvent utilisée mais engendre la possibilité d’une panne de piles. L’EHPAD de Camaret-sur-Mer a donc fait installer des candélabres près des accès et le long des allées de passage permettant d’obtenir un éclairage suffisant et très efficace impactant par la même occasion le risque de chutes des résidents.

Conclusion :

D’années en années, le risque de chutes des personnes âgées qui paraissait inéluctable et non maîtrisable se voit de mieux en mieux appréhender par les établissements et leur personnel. Bien entendu, le risque nul n’existe pas mais il n’en demeure pas moins qu’un établissement peut, s’il y met les moyens, le limiter.
Par effet domino, accroître l’autonomie des résidents permet de libérer du temps pour le personnel qui est ainsi moins enclin à se précipiter et par conséquent à chuter.

(1) Source : Faculté de médecine de Poitiers
(2) Source : SYNERPA et CNAMTS

Edwige FORGET-PILLOUD
Consultant Management de Risques

12/06/2012

Voir aussi : Prévention des chutes

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