Quand les travaux de rénovation se transforment en scénario catastrophe

Les travaux sont une des principales sources d’incendie dans les établissements de santé. Preuve en est du récent sinistre qui a eu lieu au CH d’ANNONAY et qui a mis en évidence la nécessité de mesures de prévention supplémentaires pour ce type de risque dans cette configuration architecturale.

Les faits
7 juillet 2016, un feu se déclare au CH d’ANNONAY (07) lors de la réfection de la terrasse du service des Urgences accolé au corps du bâtiment principal. L’incendie prend rapidement de l’ampleur, les matériaux combustibles à proximité étant présents en grande quantité (rouleaux de bitume, stocks de plaques isolantes à base de polyuréthane venant en sous-couche). Sur les 5 bouteilles de gaz de 35 kg utilisés pour le fonctionnement des chalumeaux présentes en toiture, 3 bouteilles seront sorties de la zone en feu mais 2 bouteilles exploseront et seront retrouvées plusieurs dizaines de mètres plus loin dont des débris de l'une dans une cour d’école, fort heureusement fermée pour cause de vacances scolaires.

Puis les baies vitrées de la façade concernée des deux premiers étages du bâtiment principal explosent sous l’effet du souffle des explosions et l’épaisse fumée noire pénètre dans les services d’hospitalisation du bâtiment principal nécessitant la translation de 154 patients sur l’autre aile du bâtiment sur les 6 étages d'hospitalisation et 84 vers l’EHPAD et l’école d’infirmières.

Bilan de ce sinistre : Grâce au sang-froid du personnel et leur parfaite connaissance des consignes de sécurité incendie, les patients n’ont subi aucun dommage. Trois ouvriers ont été légèrement intoxiqués, huit patients évacués sur d’autres structures. Les jours suivants, les dégâts matériels ont nécessité une réorganisation des services touchés pour garantir la continuité d’activité. Mais dans l’ensemble, ce sinistre aurait pu être bien plus dramatique.

Quel retour d’expérience est à retenir de ce sinistre ?
De nombreux centres hospitaliers construits dans les années 70-80 répondent à la même articulation architecturale : un bloc principal s’élevant sur plus de 6 étages (type Fontenoy par exemple) abritant les services et les chambres d’hospitalisation et des « galettes » de 1 ou 2 étages accolées à celui-ci qui abritent services généraux, accueil du public, imagerie médicale, logistique, plateau technique…

Dans ce genre de situation, des mesures plus draconiennes qu’un permis de feu et la mise à disposition d’extincteurs s’avèrent nécessaires pour limiter le risque de départ de feu pouvant rapidement s’étendre au bâtiment principal. L’organisation du chantier elle-même doit être rigoureuse :
- Le stock de matériaux combustibles doit être réduit à l’activité du jour et éloigné de la zone de soudure ;
- Les bouteilles de gaz strictement utiles sont montées en terrasse ; (leur volume autorisé par le chef d'établissement est passé de 35 kg à 12kg par bouteille, sans bouteille stockée)
- Les axes de repli des ouvriers doivent être réservés.

Edwige FORGET-PILLOUD
Consultant en management des risques
Février 2017

Source d’information : Face au Risque n°527 de Novembre 2016

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