La blanchisserie : un local technique à fort risque d’incendie

Les blanchisseries représentent les locaux techniques les plus exposés à des départs de feu dans un établissement hospitalier. Dernier en date, une blanchisserie inter hospitalière a été en proie aux flammes en décembre 2013.

Retour d’expérience sur les sinistres en blanchisserie
Dans une blanchisserie hospitalière, l’absence de présence du personnel H24 dans le bâtiment engendre un temps de réaction accru lors d’un départ de feu pendant la nuit, les dégâts sont donc très importants et génèrent rapidement des pertes financières conséquentes.

Les origines principales des sinistres recensés ces dernières années sont :

  • l’autoinflammation du linge par fermentation,
  • une inflammation des « bourres » hautement combustibles en sortie de séchoir et de calandreuse.

Pour une blanchisserie isolée des bâtiments recevant du public, un incendie se chiffre, en moyenne, en centaines de milliers d’euros de dégâts directs et au-delà d’un million d’euros de pertes financières indirectes.

Des références réglementaires récemment publiées
Selon le règlement de sécurité relatif aux ERP(1) type U et J, si une blanchisserie est à moins de 8 mètres d’un bâtiment d’hospitalisation ou d’hébergement, la détection incendie est obligatoire. Par contre, isolée, seul le Code du Travail lui est imposé.

Selon la quantité de linge traitée journellement, une blanchisserie peut être classée comme ICPE(2) auprès de la préfecture :

  • soumise à déclaration si sa capacité est comprise entre 500 kg et 5 tonnes de linge par jour,
  • soumise à enregistrement au-delà de 5 tonnes de linge traité chaque jour,

Dans les 2 cas, des arrêtés types dédiés à ces deux catégories sont parus au Journal Officiel respectivement le 18 février 2011 et le 16 mars 2011.

Le contenu de ces arrêtés établit essentiellement les prescriptions à respecter pour garantir la protection de l’environnement ; l’approche vis-à-vis du risque incendie porte sur :

  • un isolement de la chaufferie,
  • une accessibilité des façades permettant les manœuvres des pompiers,
  • des moyens de lutte contre l’incendie appropriés aux risques type extincteurs, appareils permettant une alimentation en eau du site en nombre suffisant,
  • une vérification annuelle des installations électriques et des moyens de lutte contre l’incendie.

Des recommandations de prévention contre l’incendie
Le seul respect de ces exigences réglementaires pour lutter contre l’incendie, trop limitées, ne suffira pas à empêcher la plupart des départs de feu et ne limitera que partiellement leur propagation.

Sham prend en compte son retour d’expérience des sinistres antérieurs dans ces installations et recommande des mesures supplémentaires :

  • pour limiter le risque de départ de feu, mettre en place des mesures de prévention organisationnelles telles que :

- sortir le linge des séchoirs le soir,
- les placer dans des bacs métalliques voire même plier le linge selon la disponibilité du personnel,
- réaliser une dernière ronde le soir par les agents réalisant le nettoyage,
- nettoyer au moins une fois par an l’intégralité du bâtiment y compris les dessus de tuyauteries, la charpente, l’ossature métallique de la structure pour retirer les « bourres » qui s’y accumulent...

  • pour limiter l’ampleur des dégâts, la pose de détecteurs autonomes de déclenchement (DAD) dans les séchoirs reliés à un système d’extinction automatique paraît un minimum.
    De plus, la pose de détecteurs incendie dans la zone de production demeure l’outil idéal pour sécuriser l’ensemble de l’exploitation. Si la blanchisserie est implantée sur un site hospitalier, un report d’alarme dans les services de soins est optimal. Par contre, si la blanchisserie est située sur une zone industrielle, l’alarme doit être reportée soit au PC sécurité du site hospitalier le plus proche soit auprès d’une société de télésurveillance.

Conclusion
Dans une blanchisserie, le respect de la réglementation et le suivi de nos recommandations supplémentaires assure une sécurité suffisante pour limiter l’ampleur des dégâts en cas de départ de feu.

Cependant, le risque zéro n’existant pas, l’élaboration d’un plan de continuité d’activités permettrait d’accroître la résilience de l’installation. Ce document stratégique a pour but de formaliser des procédures de fonctionnement de l’exploitation en mode dégradé selon divers scenarii de sinistres envisagés afin d’anticiper une éventuelle interruption d’activité partielle ou totale et reprendre ainsi la production dans les meilleures conditions possibles et dans les délais les plus courts.

Edwige FORGET
Consultant Management des risques

09/02/15

(1) ERP : Etablissement Recevant du Public
(2) ICPE : Installation classée pour la protection de l’environnement

Voir aussi :
Établissements de santé et risques majeurs

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