Prévention des chutes

Les gestionnaires de risques en sont conscients, la chute est l'événement le plus récurrent par le biais du système de signalement des événements indésirables. Il est donc logique que les professionnels se penchent sur cette problématique afin d'apporter des éléments de réponse en termes de prévention.

Ce thème de travail a donc été engagé dans de nombreux établissements. Nous aborderons dans cet article un rapide inventaire des diverses démarches qui ont apporté des améliorations pour la sécurité des patients.

Des actions très diverses
Le point de départ est souvent une analyse quantitative et qualitative des chutes. L'unité de long séjour du Centre Hospitalier de Bagnères de Bigorre a ainsi effectué une analyse rétrospective d'une année de déclarations de chutes. Les résultats ont permis de mieux cerner le phénomène car la cause d'une chute est rarement unifactorielle. L'objectif d'un travail de recensement des chutes est de pouvoir en identifier les causes majeures en vue de les prévenir plus efficacement. Le groupe de travail (2 médecins et un cadre de santé), qui a analysé les 77 fiches, a retenu plusieurs critères : l'heure de chute, l'état du patient, l'action au moment de la chute, le lieu, le sexe, le mois de l'année.

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Les résultats ont permis de mieux identifier le patient à risque de chute (patient dément déambulant entre 11H et 12H sur son lieu de vie) et d'envisager ainsi des axes de prévention adaptés (bilan ophtalmo à l'entrée, port des lunettes, chaussage, position des meubles, horaires d'entretien des couloirs, …).

Des solutions techniques simples peuvent également être apportées sur la configuration de locaux jugés à risques. Ainsi, pour éviter les chutes de personnes en fauteuil roulant, des poteaux amovibles peuvent être installés au niveau des descentes d'escaliers. Cette solution a par exemple été mise en place, avec l'aval de la commission de sécurité, à l'hôpital local Saint Maur à St Etienne de Tinée.

Au Centre René Fortin à Bohars, EHPAD du CHU de Brest, des travaux ont été réalisés afin d'aménager des espaces de déambulation sécurisés à chaque étage du centre. Des veilleuses à déclenchement automatique ont également permis de sécuriser le lever des personnes à risque pendant la nuit.

De nombreux établissements d'hébergement, où les chutes relèvent d'une problématique quotidienne, font de leur prévention un axe majeur pour la sécurité de la prise en charge des résidents.

On peut ainsi citer la Résidence de la Vallée du Don à Guémené Penfao qui a mis en place un atelier de motricité. Celui-ci est animé quotidiennement par un ergothérapeute et des aides médicaux psychologiques. Il a pour objectif d'intégrer les personnes à mobilité réduite et de maintenir et développer leurs capacités motrices résiduelles en utilisant du matériel spécifique tels que des ballons, un entraîneur motorisé (Motomed®) ou encore de la pâte de rééducation. Ce même établissement a également mis en place un atelier équilibre qui permet aux résidents de participer chaque semaine à des activités pour développer l'équilibre. Ils bénéficient de conseils pratiques et d'une éducation sur des gestes de prévention pour, par exemple, se lever ou s'asseoir. Leur niveau d'évolution est suivi par des bilans réguliers.

La maison Saint-Jacques à Rouffach, EHPAD qui accueille 105 résidents plus ou moins dépendants a défini et mis en place une politique basée sur la formation du personnel à la prévention des chutes. Dix agents sont formés chaque année pour permettre de mieux dépister les personnes à risque de chute. D'autres mesures viennent compléter cette formation comme l'adaptation des locaux (mains courantes, mobilier à hauteur variable), des exercices d'équilibre ou encore le passage mensuel d'un podologue.

Le suivi d'indicateurs permet de vérifier l'efficacité des démarches entreprises.

L'hôpital local Sainte Anne à Jausiers a pu constater par un suivi statistique des chutes que l'utilisation, sur prescription et avec la collaboration d'un ergothérapeute, de lits spécialisés Alzheimer et de Sécuridraps® a entraîné une nette diminution du taux de chutes.

Des méthodes et des outils innovants
Partant du constat, après analyse par la cellule qualité, que la majorité des chutes auraient pu être évitées, la Clinique du Parc à Lyon a choisi d'organiser un CREX (comité de retour d'expérience) sur cette problématique. L'une des actions marquantes identifiées par ce CREX a porté sur l'amélioration de l'information des patients et de leur entourage. Une présentation vidéo a été élaborée afin de créer un film d'une minute sur la prévention des chutes. L'information est concise et visuelle avec des messages percutants sur des situations concrètes. Ce film est largement déployé sur l'ensemble de l'établissement par le biais du canal vidéo interne, dans les chambres, salles d'attentes et ascenseurs.

Ces quelques retours d'expériences nous montrent que les chutes ne sont pas une fatalité, que leur identification et leur analyse permettent de mettre en place tout un panel de solutions préventives autres que l'ultime contention.

David FRITSCH
Ingénieur Gestion des risques

04/01/11

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