Une erreur d’interprétation radiologique par un médecin urgentiste

Le dossier du mois concerne une erreur d’interprétation radiologique par un médecin urgentiste. La question de la compétence de ces derniers à l’égard de l’interprétation des images médicales reste floue. En effet, certains médecins urgentistes du fait de leur expérience sont compétents en la matière…enfin s’ils ne commettent pas d’erreur d’interprétation…

Catherine STEPHAN-BERTHIER, juriste contentieux, le 04/01/2011

1 - Les faits

Madame P 56 ans chute à son domicile. Elle bénéficie d’une radiographie de la cheville. Il est alors posé le diagnostic d’entorse. La patiente sort avec une prescription d’attelles pour une durée de 5 jours ainsi qu’un traitement antalgique et anti-œdémateux.

Aucun rendez-vous de consultation avec un chirurgien ou avec le service des urgences ne lui est donné.

Trois mois plus tard, la patiente présente toujours des douleurs, la marche est difficile et le pied très gonflé. Elle consulte donc son médecin traitant qui lui prescrit une radiographie de contrôle.

Ce cliché met en évidence une fracture bi-malléolaire ainsi qu’un important déplacement du foyer de la fracture.

Madame P est opérée. Au cours de son séjour, elle présente un problème de cicatrisation qui nécessite une reprise chirurgicale. Postérieurement à l’ablation complète du matériel, Madame P garde une canne anglaise pendant de nombreux mois.

La patiente a sollicité auprès du juge des référés la mise en place d’une expertise.


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Commentaires

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Le Jeudi 20 Janvier 2011 par Dr Guillaume ALLARD, Responsable d'unité médicale Chirurgie Orthopédique - Traumatologique

 

"Je suis étonné que les commentaires ne concernent que urgentiste et radiologues Il me semble que, en matière de traumatologie osseuse, le correspondant de l'urgentiste n'est pas , en premier recours , le radiologue, mais l'orthopédiste qui devrait lui aussi vérifier toutes les Rx de traumato passées par les urgences, ce qui ferait une double ligne de sécurité En pratique, l'organisation que nous cherchons, non sans mal, à mettre au point à l'hopital est de demander à l'interne qui a fait la garde de mettre de coté tous les dossiers Rx des 24 h et de les montrer rapidement à 8h 15 le matin au chirurgien ortho sénior qui était d'astreinte avec lui Ainsi une première vérification des options thérapeutiques est faite, qui sera sur le plan Rx de toutes façons revue par le radiologue ( et si possible par un senior!) Mais aussi un retour d'information immédiat pour l'interne et ou l'urgentiste qui est informé d'une erreur qu'il , on l'epère, ne fera plus ! Enfin en cas de nécessité d'intervenir chirurgicalement, le principal interressé est impliqué rapidement"

 

 

Le Jeudi 20 Janvier 2011 par Dr Guillaume ALLARD, Responsable d'unité médicale Chirurgie Orthopédique - Traumatologique

 

"Je suis étonné que les urgentistes et radiologues soient seuls concernés par les commentaires Pour la prise en charge de la traumatologie des membres, le correspondant le plus immédiat de l'urgentiste est bien le chirurgien orthopédiste"

 

 

Le Jeudi 20 Janvier 2011 par Catherine STEPHAN-BERTHIER, Juriste contentieux SHAM

 

"Nous vous remercions de l’intérêt que vous avez porté à notre article. Le cas que nous avons commenté, résultant d’une décision de justice, est représentatif d’une difficulté récurrente rencontrée dans bon nombre de services d’urgences à savoir l’absence totale de relecture des clichés radiologiques au stade du diagnostic. Dès lors que le diagnostic de traumatologie osseuse est porté ou en cas de doute, comme vous l’avez relevé à juste titre et comme les bonnes pratiques l’exigent, la prise en charge doit être discutée avec le chirurgien orthopédique. Le but de nos commentaires est de favoriser l’établissement du bon diagnostic dans le cadre de l’urgence en préconisant d’instaurer, a minima, une relecture systématique par un radiologue et en temps réel des images. C’est de l’interprétation de ces images que découle une éventuelle prise en charge. L’intérêt étant d’éviter les erreurs d’interprétation et les retards de diagnostic. En tout état de cause, chaque établissement doit trouver son mode de fonctionnement propre (avis en temps réel en cas de doute, relecture systématique par le chirurgien orthopédique en différé ...). Celui que vous souhaitez mettre en place dans votre établissement est particulièrement intéressant, notamment pour la sécurité des soins prodigués aux patients. "