La parole au Professeur Bernard HEDON

Gynécologue obstétricien
Professeur de Gynécologie-Obstétrique et de médecine de la reproduction - Faculté de Médecine Montpellier-Nîmes
Président du CNGOF

B. HEDON
 

Portail Prévention: Professeur Bernard HEDON, en quelques mots, quel est votre parcours?

Professeur Bernard HEDON : Je suis professeur agrégé au CHU de Montpellier, où j’enseigne la gynécologie obstétrique et la médecine de la reproduction, vaste discipline qui s’étend du diagnostic prénatal à la chirurgie carcinologique. J’ai mené ma carrière en France et à l’international, en régulièrement assumant des mandats collectifs.
J’ai ainsi été nommé Président de CME, puis Président de la Société Internationale de Fertilité. Et je préside le CNGOF depuis 2 ans.
Le CNGOF fédère plus de 3 000 Gynécologues Obstétriciens et des Sociétés Savantes spécialisées, avec une préoccupation principale : la santé de la femme. Toutes les formes d’exercice et tous les champs de la médecine de la femme sont représentés.

Cela est d’autant plus important que les différents domaines de cette activité se spécialisent de plus en plus. Or, la gynécologie et l’obstétrique doivent rester dans une même discipline.

Portail Prévention : Depuis plusieurs années, Sham et le CNGOF ont tissé un partenariat visant à promouvoir la gestion des risques en gynécologie obstétrique. Cette relation se matérialise avec la remise de prix. Pouvez vous présenter un ou plusieurs exemples d’application(s) concrète(s) de projets primés ces dernières années ?

Professeur Bernard HEDON : Un prix a été remis en 2009 pour une étude sur les hémorragies graves du post-partum, qui sont la première cause de mortalité maternelle en France.

Cette étude a fait l’objet de travaux complémentaires en 2011. Elle a aussi contribué à la formulation de recommandations de pratiques cliniques par le Collège.Ces recommandations ont été actualisées cette année. Elles seront présentées à l’occasion du Congrès qui se tiendra en décembre.
Les sujets primés sont sélectionnés par un jury scientifique indépendant, gage de qualité. Ces prix contribuent à faire progresser la recherche dans la spécialité. Ils aident à stimuler de jeunes gynécologues obstétriciens en formation, à un moment où leur productivité en matière de recherche est très élevée.
Les études primées font aussi l’objet de publications. En moyenne, chaque prix donne lieu à deux publications internationales référencées. Et plusieurs récipiendaires des prix sont ensuite devenus Professeurs.
Ce partenariat en faveur de la gestion des risques, tissé entre une Société Savante et un assureur impliqué dans la prévention, permet de renforcer notre objectif commun et de le faire durer dans le temps.

Portail Prévention : Parmi les projets primés, y a-t-il eu un projet plus marquant ? Pourriez-vous le décrire plus précisément ?

Professeur Bernard HEDON : Les projets contribuant à améliorer l’apprentissage de la discipline sont importants. Ils représentent en effet un investissement pour l’avenir. La formation permet de mieux travailler, de progresser et ainsi de mieux protéger les patientes.

Plusieurs projets ont été primés, en relation avec la formation des jeunes médecins et notamment : « Evaluation d’un training laparoscopique » (2010), « Elaboration et évaluation d’un outil d’enseignement obstétrical et périnéal » (2011) et « Evaluation d’un programme d’e-learning pour le suivi du RCF » (2013).

Portail Prévention : Comment envisagez-vous l’évolution des risques en obstétrique pour les prochaines années ?

Professeur Bernard HEDON : Les risques en obstétrique semblent augmenter. Ils sont liés à des phénomènes sociétaux et notamment l’augmentation de l’âge des grossesses.

La prise en charge de ces risques peut se préparer avec des procédures qualité validées par des recommandations de pratiques cliniques, et « techniquement » avec les gestes à accomplir.
Les personnes présentes durant l’acte médical et leur responsabilisation participent aussi à l’amélioration de la prise en charge des risques.
Les indicateurs de mortalité maternelle ont évolué très positivement en France et il faut continuer les travaux pour que cette amélioration se poursuive.

Propos recueillis pour le Portail Prévention Sham par Amandine ZENTOUT, novembre 2014