Intercepter les erreurs médicamenteuses en chirurgie orthopédique

Interne en Chirurgie Orthopédique, Romain Dayan est lauréat du prix Sham 2015 de la prévention des risques pour son étude « Intercepter les erreurs médicamenteuses en chirurgie orthopédique : intérêt d’une conciliation des traitements médicamenteux ».

     
R_Dayan
 

Portail Prévention : Quel est votre parcours ? Qu’est-ce qui vous a incité à vous intéresser au domaine de la conciliation médicamenteuse, assez éloigné de la technique chirurgicale ?

J’ai débuté mon internat de chirurgie orthopédique en 2013.
A la fin de ma deuxième année d’études en 2015, les pharmaciens du Service Orthopédie - Traumatologie du docteur Guillon (GHI Le Raincy-Montfermeil), s’intéressaient à la prescription médicamenteuse à l’hôpital, et notamment lors de la transition domicile - hôpital.

Les travaux initiés par les pharmaciens de l'hôpital concernant également les services de chirurgie, je me suis intéressé à ce sujet, pour analyser les résultats obtenus et repérer les points à améliorer.

Portail Prévention : Vous avez reçu en 2015 le prix Sham de la prévention des risques en chirurgie orthopédique pour votre étude concernant la conciliation médicamenteuse en chirurgie orthopédique. Pouvez-vous nous présenter ces travaux et leurs conclusions ?

Pour ces travaux, la question a été de savoir comment était reconduit le traitement habituellement pris à domicile, lors de l'hospitalisation dans le Service de Chirurgie Orthopédique. Le questionnement a porté sur les personnes de plus de 65 ans qui avaient été admises en hospitalisation conventionnelle pour une chirurgie programmée ou dans le cadre de l'urgence.

Pour cela, nous avons recherché les divergences entre les traitements habituellement pris par le patient à domicile, et la prescription réalisée dans le Service de Chirurgie Orthopédique de l’hôpital. L’objectif de ces recherches étant de diminuer le risque d’erreurs de prescriptions.
Pour mener à bien cette étude, nous avons créé spécialement un modèle de Fiche de conciliation médicamenteuse renseignée par le pharmacien de l’hôpital pour chaque patient.
Les pharmaciens de ville nous ont transmis les prescriptions rédigées en dehors de l’hôpital. Ces deux listes ont ensuite été comparées dans le Service de Chirurgie Orthopédique de l’hôpital.

Les divergences ont été étudiées avec les médecins et classées en deux catégories :

- Les divergences intentionnelles, non considérées comme des erreurs de prescription. Il s’agit, par exemple, de modifications de traitements antalgiques ou anticoagulants adaptés au statut préopératoire du patient,
- Les divergences non intentionnelles, correspondant à des erreurs de prescriptions médicamenteuses.

Au final, l’étude a porté sur 45 patients. Avant leur hospitalisation, ils suivaient des traitements comprenant 7 médicaments en moyenne.

Les résultats des analyses sont les suivants :
- 29 divergences non intentionnelles ont été constatées, il s'agit majoritairement d'omission d'un traitement habituellement pris par le patient à son domicile. Les erreurs de principes actifs ont concerné peu de cas.
- Le temps moyen passé pour une conciliation de traitements médicamenteux est de 28 minutes par patient.
- A l’issue de la conciliation des traitements médicamenteux, 72% des divergences non intentionnelles observées ont été corrigées.

Il est important de préciser qu’il n’a pas été remarqué de différence entre le nombre de divergences non intentionnelles relevées chez les patients devant bénéficier d'une chirurgie programmée et les patients admis via les urgences.

Portail Prévention : Suite à votre étude, des actions ont-elles été mises en place pour favoriser la prévention des risques en chirurgie orthopédique ?

La conciliation des traitements médicamenteux présente un réel intérêt en matière de diminution des risques liés aux soins pratiqués en milieu hospitalier, et particulièrement en milieu chirurgical. Les résultats de l’étude ont incité à renforcer l’attention portée à la rédaction des prescriptions hospitalières, en particulier pour les patients hospitalisés en urgence.

Les résultats de cette étude ont provoqué une prise de conscience. Une organisation spécifique sera mise en place pour renforcer en permanence l’attention lors de la rédaction des prescriptions.

Les services de pharmacie souhaitent étendre progressivement la conciliation des traitements médicamenteux à tous les services de l'hôpital.

Portail Prévention : Pouvez-vous nous parler de vos prochains travaux ?

Le même type de travail serait à mener sur la conciliation post-hospitalisation, certaines équipes de pharmacie hospitalière s'intéressent déjà au sujet.

Propos recueillis auprès de Romain DAYAN pour le Portail Prévention Sham, octobre 2016.

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