Formation à distance à la sécurisation de la prise en charge médicamenteuse

Interview de Madame Catherine SCHMITT, Directeur Adjoint Chargé de la Qualité, de la Sécurité des Soins et de la Communication, également Responsable du Management de la Qualité de la Prise en Charge Médicamenteuse, et Monsieur Jean-Jacques LAHET, pharmacien chef de la Pharmacie à Usage Intérieur (PUI) au Centre Hospitalier Emile Durkheim (CHED) à Epinal, qui ont mené des actions e-learning portant sur le thème de la prise en charge médicamenteuse.

Marlène PABA : Pourquoi avoir choisi de former vos agents sur la sécurisation de la prise en charge médicamenteuse ?

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Madame SCHMITT : Tout d’abord, je tiens à préciser que le Centre Hospitalier Emile DURKHEIM résulte de la fusion, au 1er janvier 2012, entre le Centre Hospitalier Jean Monnet d'Epinal et le Centre Hospitalier Intercommunal de Golbey.
La fusion des pharmacies de ces établissements a eu lieu fin décembre 2013.

Dans l’objectif de mettre en place les directives de l’arrêté du 6 avril 2011 relatif au management de la qualité de la prise en charge médicamenteuse, le CHED a choisi de solliciter Sham pour réaliser un audit sur le circuit du médicament et ensuite la cartographie des risques sur ce même circuit.
En parallèle, en juin 2013, nous avons eu la certification V2010. Des plans d’actions ont suivi ces différentes démarches et nous nous sommes rendus compte qu’il fallait, d’une part, former les professionnels à la sécurisation notamment aux risques d’erreurs médicamenteuses et, d’autre part, renforcer la déclaration des évènements indésirables relatifs aux médicaments.

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Monsieur LAHET : Du point de vue pharmaceutique, je voulais que nous prenions conscience de la complexité du circuit du médicament et des risques potentiels pour le patient. L’utilisation d’un médicament expose à des risques liés au médicament lui-même, mais aussi aux conditions entourant son transport, son stockage, sa préparation, son administration…

Le nombre de professionnels impliqués dans ce circuit, la nature, les spécificités des services des soins et les langages différents des uns et des autres influent sur la prise en charge thérapeutique.

Marlène PABA : Et pourquoi avoir choisi la formation à distance ?

Madame SCHMITT : Nous avons choisi l’e-learning pour avoir des formations relativement courtes.
C’est un nouveau mode de formation, un nouvel outil. Nous n’avions jamais mis en place de formation e-learning au sein de notre centre hospitalier, ce fût donc l’occasion d’innover et voir quels étaient la perception et le ressenti des professionnels sur ces nouvelles modalités.
Enfin, étant donné que Sham est notre assureur, qu’il nous a accompagnés dans l’audit et la cartographie des risques c’est donc naturellement que nous avons fait appel à vous pour former notre personnel sur le circuit du médicament, c’est une démarche cohérente.

Monsieur LAHET : Par ailleurs, une formation e-learning relève de l’informatique qui est devenu un outil indispensable dans la sécurisation du circuit du médicament. Les formations e-learning seront dans l’avenir utilisées couramment dans les hôpitaux.

Marlène PABA : Quelle population avez-vous formée ?

Madame SCHMITT : Nous avons décidé de former en priorité les infirmières.
La communication a été faite en réunion de cadres, en CSIRMT (Commission des Soins Infirmiers, de Rééducation et Médico-Techniques) et également en CME (Commission Médicale d’Etablissement). Ce sont les cadres qui ont inscrit leurs agents et le service formation a pris en charge la gestion des inscriptions. Nous avons formé une centaine d’infirmières et sages-femmes, par groupe de 9, tous services confondus.

Marlène PABA : Vos sessions se déroulaient par demi-journées, pouvez-vous nous expliquer votre démarche ?

Madame SCHMITT : Lors des premières sessions, nous avons effectué des formations de 2h. Mais en 2h, nous n’avions pas assez d’échanges, nous sommes donc passés rapidement à des sessions de 3h, avec en parallèle la mise en place d’une évaluation initiale et finale.

Monsieur LAHET : Lors de ces demi-journées, je présente le circuit du médicament, sa finalité, et les responsabilités de chacun.
Après ma présentation de 30 min, les participants ont réalisé les 2 modules sur la sécurisation de la prise en charge médicamenteuse. Toutes les personnes ont fait l’e-learning et étaient à l’aise avec l’outil informatique.
Après la réalisation des modules, nous avions un temps d’échanges de 30 min sous forme de débat ouvert. Les agents ont pu s’exprimer et parler chacun de leurs expériences dans leur service. Cela nous a permis de mieux comprendre les attentes des professionnels et d’évoquer les problèmes de terrain.
Ces temps d’échanges ont été très riches et ont permis d’uniformiser certaines pratiques.

Madame SCHMITT : Après la session présentielle, les codes d’accès e-learning restent ouverts quelques semaines afin de permettre aux agents de suivre de nouveau la formation. Mais nous nous sommes rendus compte que peu d’entre eux se sont reconnectés.

Marlène PABA : Et que pensent les participants de la formation à distance ?

Madame SCHMITT : Le ressenti des participants est positif. Globalement ils sont satisfaits.
Le questionnaire de satisfaction rempli par les participants en fin de formation montre que 98% des participants recommandent ce module à leurs collègues et 95% seraient prêts à suivre d’autres formations e-learning. 98% trouvent que la modalité du e-learning est bien adaptée.
Selon les participants : « Cette méthode permet d'acquérir des connaissances au rythme de chacun ».
« Le fait de pouvoir vérifier ses connaissances au fur et à mesure est bénéfique et donne un côté attractif majoré à la formation ».
Les points forts de la formation mis en avant sont « la présentation d'un cas concret, les répétions des informations et l’évaluation des connaissances ».
« La formation est claire, les exemples pratiques très utiles pour mieux comprendre le processus » même si parfois « les informations sont denses ». Mais la formation est « en ligne et donc facile d’accès ».

Marlène PABA : Si c’était à refaire, que souhaiteriez-vous améliorer ?

Monsieur LAHET : Si c’était à refaire, j’emmènerais des cas pratiques et mettrais les participants en situation. Par exemple des similitudes de conditionnement, des noms de médicaments très proches, des étiquetages non complets...
Pour les prochaines sessions, j’illustrerai donc davantage ma présentation en donnant des exemples.
Il faut montrer que des petites choses peuvent générer des risques demain, beaucoup d’informations dans les services ne sont pas prises en compte. C’est pourquoi le temps d’échanges lors de ces formations a été fortement apprécié.

Madame SCHMITT : Une piste pour les prochaines sessions sera également d’être plus pratico pratiques dans la présentation sur les fiches d’évènements indésirables. Montrer une ou deux fiches remplies et l’impact qui en est fait ensuite.

Marlène PABA : Et pour la suite, qu’envisagez-vous ?

Madame SCHMITT : Le plan pluri-annuel de formation prévoit la formation pour 100 personnes chaque année. Pour 2015, déjà deux sessions ont été organisées sur le mois de janvier. Nous poursuivons sur le premier semestre pour continuer à former les IDE et ouvrir ces formations aux préparateurs en pharmacie. Nous souhaiterions également former les médecins.

Monsieur LAHET : En tant que chef de la PUI, je milite pour optimiser la prise en charge médicamenteuse du patient, minimiser les risques autour du circuit du médicament, ceci de façon intra et extra hospitalier.

Lien vers le site de l’établissement :
http://www.ch-emile-durkheim.fr/

Propos recueillis le 27 janvier 2015 par Marlène PABA - Pôle Services Sham
Mars 2015

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