Etablissement Médico-Social et sécurité médicamenteuse

Madame Marie-Claire AULAGNE, Directrice, MAS des Quatre Vents, Saint-Chamond

Une démarche très forte, intense, adaptée, et très productive.

SHAM Prévention : Vous avez travaillé sur la sécurisation de la prise en charge médicamenteuse. Pourquoi avoir choisi SHAM pour vous accompagner ?

     

Marie-Claire AULAGNE : J’avais lu dans un Sham Contact en 2009 que SHAM(1) proposait d’accompagner les établissements médico-sociaux dans une démarche de gestion des risques a priori. Cela correspondait à ce que nous recherchions, dans notre politique de démarche qualité.

SHAM Prévention : Cartorisk®, la méthode qui vous a été proposée, vous semble-t-elle adaptée aux établissements médico-sociaux ?

Marie-Claire AULAGNE : Parfaitement ! En tout cas pour un établissement comme le nôtre, qui comprend deux sites, deux pharmacies, deux fournisseurs différents … La méthode donne à la fois un cadre rigoureux, et une souplesse d’adaptation.

         

SHAM Prévention : Pourquoi une telle démarche de « cartographie des risques » ?

Marie-Claire AULAGNE : 3 raisons principales :
- Un contexte réglementaire tout d’abord, qui nous pousse à travailler de façon globale à la gestion des risques.
- Des déclarations d’incidents (en particulier sur la gestion des stocks) qui reflétaient des difficultés que nous ne voulions pas voir se transformer en accidents.
- Enfin, un changement d’équipe, avec l’arrivée d’un nouveau chef de service, à qui j’avais donné pour mission prioritaire de revoir le circuit du médicament dans son ensemble.

SHAM Prévention : Comment ce travail s’est-il déroulé ?

Marie-Claire AULAGNE : En plusieurs étapes :
Tout d’abord, 3 jours consacrés à la réalisation d’un état des lieux. Le résultat a été étonnant, tant les observations étaient pertinentes et structurées !

Ensuite, 2 jours pour élaborer un plan d’actions correctives.

Enfin, 1 journée, deux mois plus tard, pour faire le bilan des actions et des évolutions réalisées.

Un total de 6 journées d’accompagnement pour un résultat remarquable :
- un circuit totalement nouveau,
- une gestion nominative des stocks,
- une organisation couplée avec les ordonnances,
- des équipes impliquées.

Les pratiques ont changé en quelques mois, alors qu’elles n’avaient pas bougé depuis des années. Les problèmes avaient souvent été repérés, mais nous éprouvions des difficultés à faire évoluer les choses.

SHAM Prévention : Pouvez-vous nous citer quelques actions concrètes que vous avez déjà mises en place ?

Marie-Claire AULAGNE : Voici les principales :
- La rédaction de conventions avec les pharmaciens, précisant les responsabilités de chacun ;
- Des procédures clairement écrites et référencées par notre qualiticien ;
- L’acquisition de matériels adaptés (armoires, chariots de distribution…) ;
- Une commande de médicaments découlant directement de l’ordonnance ;
- Une délégation de la distribution du médicament au plus près du résident, en tenant compte de son rythme de vie ;

SHAM Prévention : Quels constats faites-vous aujourd’hui à l’issue de ce travail ?

Marie-Claire AULAGNE : 3 constats essentiels :
- Un travail objectif, un accompagnement important des équipes, dans une recherche d’amélioration globale ;

- Un rôle clef des acteurs :

  • le cadre, qui a mené un travail remarquable d’accompagnement,
  • le qualiticien, qui formalise les procédures,
  • le consultant SHAM, qui a apporté la méthode et qui nous a soutenus dans ce projet de l’analyse à la mise en place ;
  • l’ensemble des équipes (infirmiers, pharmaciens, médecins, équipes médico-éducatives…) qui se sont senties concernées, pour le bien des résidents.

- Pour le directeur, c’est le sentiment de travailler en bonne intelligence en interne, et en conformité avec le droit et les exigences réglementaires ;

Je tiens à souligner l’importance du travail du cadre, qui a accompagné au quotidien les équipes médico-éducatives afin que les changements soient compris de tous. Elle a su désamorcer les craintes, et a montré l’exemple, en s’investissant à chaque étape de la démarche.

SHAM Prévention : Quelles sont les prochaines étapes ?

Marie-Claire AULAGNE : Il ne faut surtout pas s’arrêter là. !

Nous avons prévu des étapes d’évaluation de nos nouvelles façons de travailler (à 6 mois, puis à 1 an), en tenant compte des différents temps du circuit du médicament et des fiches d’évènements indésirables, pour mesurer ce qui a changé.

Nous procédons à des ajustements réguliers, afin de tenir compte des remarques et propositions des équipes.

SHAM Prévention : En conclusion, comment qualifieriez-vous ce travail de cartographie des risques de la « prise en charge médicamenteuse » dans votre établissement ?

Marie-Claire AULAGNE : En quelques mots : une démarche très forte, intense, adaptée, et très productive.

Un bilan très positif !

Sophie Garcelon
01/03/2011

(1) SHAM Contact N°52 – Octobre 2009

Voir aussi :
Cartographie des risques en chirurgie programmée au CHRU de Brest
Cartographie des risques en HAD
Analyse des risques a priori dans les établissements : par quoi commencer ?
Cartorisk, un service d’assistance à la cartographie des risques

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