Télémédecine et gestion des risques

Désormais officialisée et en pleine phase de développement, la télémédecine va sans nul doute apporter des solutions innovantes dans les pratiques médicales de demain. Ces évolutions seront probablement accompagnées de risques inhérents à ces nouveaux modes de fonctionnement.

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Les équipes de gestion des risques de SHAM, au décours de leurs visites au sein des établissements de santé, sont déjà interpellées sur ces organisations qui se mettent en place. De nouvelles préoccupations et interrogations voient le jour, amenant les gestionnaires de risques à anticiper et à prévenir la survenue d’événements indésirables potentiels en lien avec ces changements de pratiques.

Dès aujourd’hui, il est donc indispensable de s’intéresser aux mesures permettant de sécuriser l’organisation parallèlement au déploiement de la télémédecine.

Une analyse de risques a priori permet de cerner les composantes de la télémédecine et les facteurs de risques qui y sont rattachés.

Quelles actions de prévention engager ?

Concernant le patient
Comme dans le cadre d’une prise en charge «classique», les modalités d’information du patient se doivent d’être définies et évaluées. Il en va de même pour le recueil de son consentement à ce mode de prise en charge particulier.

Le système d’identification du patient doit être fiabilisé afin de garantir une adéquation sans faille entre le patient et les données qui le concernent (notamment par rapport aux examens complémentaires échangés entre les professionnels).

Le dossier patient doit également faire l’objet d’une attention particulière faisant apparaître l’ensemble des informations obtenues au moyen de la télémédecine.

Des critères d’évaluation spécifiques sont peut-être à définir pour disposer d’indicateurs pertinents.

Concernant les technologies utilisées
Pour accorder la confiance aux technologies utilisées par la télémédecine, on peut leur appliquer les composantes garantissant leur sûreté de fonctionnement.

• Fiabilité : les matériels doivent faire l’objet de tests pour assurer une continuité de l’activité. Les défaillances potentielles doivent être anticipées et les mesures correctives, à prendre en cas de survenue, doivent être définies (analyse de scénarios, identification des vulnérabilités).

• Maintenabilité : les conditions de maintenance doivent être prévues pour garantir le bon fonctionnement et la qualité du matériel employé (qualité des images transmises par exemple) ainsi que la disponibilité de celui-ci.

• Sécurité : elle porte à la fois sur les moyens utilisés mais aussi sur les données véhiculées et partagées entre les professionnels de santé par ces moyens.

Concernant les professionnels utilisateurs
Garants de la bonne utilisation des moyens de la télémédecine, les professionnels de santé se doivent de connaître et d’appliquer les règles en vigueur.

La connaissance des règles passe par une formation adaptée et organisée de façon institutionnelle de l’ensemble des acteurs concernés par la télémédecine.

Les règles concernent les aspects importants de traçabilité des informations obtenues au moyen de la télémédecine au sein du dossier patient (consultation, avis, prescription…) ainsi que l’identification des professionnels intervenants.

Enfin, il est important de favoriser le maintien des relations humaines par une bonne connaissance des professionnels entre eux, surtout lorsque les échanges se font à distance. Des acteurs qui se connaissent bien (staffs en commun, vidéoconférences) ont plus de facilités à échanger et à travailler ensemble.

Les aspects de communication et de relations humaines prennent, dans ces circonstances, toute leur importance.

L’avenir nous renseignera de façon plus précise sur les risques liés à la télémédecine et à l’intégration de ces nouvelles technologies qui ne sont plus désormais du domaine de la science-fiction.

David FRITSCH
Chef de projet en gestion des risques

7/04/2011