Analyse des risques a priori dans les établissements : par quoi commencer ?

Contraints par la Haute Autorité de Santé de mettre en place une gestion globale des risques, dans le cadre d’une approche a priori, de plus en plus d’établissements de soins se lancent dans une
« cartographie des risques ».
De quoi s’agit-il exactement ? Qui est concerné et surtout … par quoi commencer ?

Portrait Sophie1
     

En quoi consiste la cartographie des risques ?

La cartographie des risques, c’est la suite logique du travail réalisé sur les évènements indésirables (E.I.), consistant à recenser les risques avérés, les analyser, et éviter qu’ils se reproduisent. Adopter une approche a priori, c’est prendre du recul par rapport à une activité, anticiper les risques potentiels, évaluer leur criticité, et les éviter.

Pour y parvenir, il faut faire travailler ensemble les divers métiers concernés par un même sujet (en chirurgie par exemple : l’anesthésiste ou l’IADE, l’IBODE et le chirurgien).

Ces professionnels vont, avec une assistance méthodologique :
- analyser les différents actes et étapes de leur activité ;
- s’interroger sur les conditions de bon fonctionnement et, a contrario, formuler clairement les risques de leur activité ;
- évaluer ces risques, de manière systématique et objective, afin de ne conserver que les plus « critiques » ;
- enfin, imaginer des actions à mettre en œuvre, destinées à éviter ces risques.

Qui est concerné ?
Initier une démarche de cartographie des risques est un véritable investissement à l’échelle de l’établissement. Sont directement impliqués :
- la direction qui, en amont du projet, organise la démarche, communique, doit convaincre … et qui, à l’issue du travail réalisé, entérine les conclusions, soutient les équipes concernées pour mettre en place les actions proposées ;
- les pilotes de processus, qui acceptent ce challenge en plus de leur quotidien, et font un travail de coordination et de synthèse ;
- enfin, les équipes, qui participent au travail d’analyse, et mettent en œuvre les actions de maîtrise des risques.

Par quoi commencer ?
Enclencher une cartographie des risques, d’accord, mais par quoi commence-t-on ? Comment identifier les processus à analyser en priorité ?

Quelques pistes pour aider à la décision peuvent être utiles. On peut notamment :
- Se reporter au dernier rapport de certification HAS et aux recommandations de la Haute Autorité en vue de la prochaine visite ;
- S’appuyer sur le manuel de certification v2010 , en se focalisant sur les Pratiques Exigibles Prioritaires (PEP) ;
- Identifier les lieux ou causes les plus fréquents de réclamation de patients ;
- Suivre l’actualité réglementaire, en profitant des nouvelles réglementations pour revoir un sujet sous l’angle des risques ;
- Et surtout, choisir des équipes motivées !

Conclusion
Certains sujets sensibles concentrent plusieurs de ces critères de choix. Pour n’en citer qu’un, la prise en charge médicamenteuse apparait dans les PEP de la v2010 et constitue une source d’incidents majeure. Ce sujet pourrait, en outre, faire l’objet d’un prochain arrêté (1), imposant aux établissements de santé et aux établissements médicaux sociaux de procéder à une étude des risques encourus par les patients dans le cadre de la prise en charge médicamenteuse.

La situation spécifique à chaque établissement guidera le choix, parfois sur plusieurs sujets en parallèle. Indéniablement, cette décision créera une forte dynamique au sein des équipes opérationnelles.

A chacun de choisir, en fonction de sa propre situation, le « point de départ » de sa cartographie des risques.

(1) En application de l’art. L. 6111-2 du Code de la santé publique, issu de la Loi n°2009-879 du 21 juillet 2009 portant réforme de l’hôpital et relative aux patients, à la santé et aux territoires.

Sophie GARCELON
13/07/2010

Voir aussi :
Cartographie des risques en Chirurgie programmée au CHRU de BREST

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