Consultation pré-anesthésique pour interventions itératives

L’anesthésiste peut-il se contenter d’une seule consultation pré-anesthésique en cas d’interventions itératives et rapprochées sur un patient ?

Oui, mais il s’agit d’une exception qui concerne soit la réalisation de plusieurs actes interventionnels identiques programmés dans un délai court soit un parcours de soins coordonné tel que la prise en charge d’une pathologie impliquant deux actes interventionnels rapprochés.

Règlementairement, le code de la santé publique impose, pour toute intervention programmée nécessitant une anesthésie générale ou locorégionale, la réalisation d’une consultation pré-anesthésique (CPA) « plusieurs jours avant l’intervention ».[1]

Dès 2001, la SFAR (Société Française d’Anesthésie et de Réanimation) avait ouvert la possibilité de recourir à une CPA unique lorsqu’étaient envisagées des interventions itératives rapprochées.

Dans une publication de juin 2017, son Comité d’Analyse et Maîtrise du Risque actualise ses recommandations.

Pour rappel, la CPA a pour objet :

- D’évaluer et d’assurer la gestion des risques péri-opératoires.
- D’informer le patient sur les modalités d’anesthésie, d’analgésie et sur l’ensemble de la période péri-opératoire, ainsi que sur les risques afférents,
- De recueillir le consentement libre et éclairé du patient à l’acte envisagé

Elle suppose, pour être efficace, qu’ait lieu un véritable échange d’informations entre l’opérateur et le médecin anesthésiste-réanimateur.

Le recours à une CPA unique pour plusieurs actes doit permettre la réalisation de ces objectifs.

La sécurisation de cette pratique impose donc le respect de certaines conditions :

- Les patients doivent être des patients à faible risque, pour une chirurgie mineure ou intermédiaire
- Le patient doit consentir à ce procédé, de même que l’anesthésiste qui s’occupera du patient
- La décision de CPA unique doit être tracée dans le dossier anesthésique
- La CPA doit permettre de prévoir la prise en charge anesthésique pour l’ensemble des actes programmés
- Il doit y avoir entre les deux actes un délai raisonnable évalué en fonction du statut fonctionnel et du type d’actes envisagés
- Une conversation orale par téléphone ou visioconférence doit être prévue avant la réalisation du second acte, afin de s’assurer de l’absence d’événements intercurrents ou de modifications de traitements depuis le premier acte.

Cette conversation doit aussi permettre d’interroger le patient sur d’éventuelles complications survenues après la première intervention.

Enfin, une nouvelle information doit être délivrée au patient sur les modalités de réalisation du deuxième acte et ses risques, ainsi que sur la conduite à tenir en préopératoire (règles de jeûne, de prévention du risque infectieux).

Le cas échéant, cet échange devra permettre au médecin anesthésiste de rappeler les consignes propres à une prise en charge ambulatoire.

- Le détail de la conversation à distance doit faire l’objet d’un compte-rendu dans le dossier anesthésique du patient mentionnant l’heure, la date et le nom du médecin ayant effectué la consultation.
- Enfin, la SFAR rappelle le rôle primordial joué par la visite pré-anesthésique (VPA) en pareil cas : CPA unique ne veut pas dire dispense de VPA avant le deuxième acte.

Cette VPA devra permettre de s’assurer du bon respect du processus.

[1] D.6124-91 et D.6124-92 du code de la santé publique

Juliette Chaillet
Juriste SHAM
Décembre 2017

Voir aussi :
Lien SFAR « Consultations d’anesthésies délocalisées, itératives ou en télémédecine : Propositions du comité analyse et maitrise du risque »

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